Je me doutais un peu du phénomène, c'est pourquoi hier soir après une journée de démarchage pour l'Office de Tourisme, j'avais réservé ma soirée pour un petit tour sur la Petite Rhue, histoire de tester la férocité des pensionnaire de cette si belle rivière.
Direction la partie de la rivière, après la confluence avec la Véronne, seule partie encore sauvage de la rivière après qu'elle ai incorporé les eaux de ses principaux affluents.
Premier bilan dés mon arrivée, les eaux ont bien un peu teinté et le thermomètre annonce un rafraîchissement de 3 degrès! Mais les niveaux restent faibles. Il faudra encore quelques pluies pour que la rivière nous donne une fin de saison comme on les aime. Déjà la couleur de l'eau montre que les sols si secs ils y a une semaine se sont gorgés d'eau laissant une part des pluies ruisseler jusqu'à la rivière. De bonne augure car d'autres évènements pluvieux semblent déjà en route pour nos terres cantliennes!
Après avoir rejoint à pied la tête de la retenue de Journiac en plein centre des gorges, je commence à prospecter les courants. Cette zone est traditionnellement un poste de pêche productif en fin de saison. Les truites y sont mordeuses bien que toujours un peu plus chipies que sur d'autres zones. Ici les touches sont souvent légions et les poissons attaquent plusieurs fois ce que l'on présente. Mais curieusement, il semble reigner dans cette rivière un vrai savoir faire pour faire vibrer les lignes sans pour autant se laisser prendre! Une zone particulière donc, inégalée pour créer des émotions mais aussi pour soumettre les nerfs des pêcheurs à des tensions extrêmes.
Bref, me voilà qui commence la prospection par une grandes veine qui tout en ralentissant passe sur de bons gros blocs. Mon dieu que ça sens la truite!
Décidément d'entrée, la zone est à travers ce poisson si nerveux et dur à ferrer, particulièrement fidèle à sa réputation. Les émotions sont là les poissons aussi mais l'épuisette elle reste désespérément sèche!
Au total, il me faudra toucher 6 poissons différents pour arriver à un ferrage dans le bon temps me permettant de mettre au sec la première fario de la soirée! Pourtant ce sont des touches puissantes qui se succèdent mais rien n'y fait, la plupart ne s'avèrent même pas piquées! Quelques petits changements techniques plus tard, un petit leurre qui s’anime de micro coups de scillions sans détendre la bannière prend place sur la ligne pour enrayer le phénomène. Plusieurs poissons finiront par se faire prendre, car le stratagème permet de diminuer les poissons loupés, mais bon nombre des truites touchées continuent à se sortir indemne de notre face à face.
Pas de grosse truite néanmoins, les plus beaux poissons vus ne dépassant pas les 30 centimètres. Mais n'ayez pas de doute la fin de saison est bien lancée. Si pour le moment, ce sont les petits poissons les plus actifs, ils seront bientôt rejoints par de plus remarquables. La fraie est proche et les premières eaux de pluie associées au rafraîchissement va immanquablement les mettre en appétit. Pour le pêcheur une seule chose à faire : être là!